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Contrôler les réponses inflammatoires et immunitaires

12 jui. 2012 | Génétique

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Une équipe de généticiens à l’IRCM, dirigée par le Dr Jacques Drouin, a récemment défini les interactions entre deux protéines essentielles au contrôle de l’inflammation. Cette percée importante sera publiée demain dans le numéro imprimé de la revue scientifique Molecular Cell.
 
Les chercheurs de l’IRCM ont étudié les glucocorticoïdes, une classe d’hormones stéroïdes qui répriment le système immunitaire et réduisent l’inflammation. Ceux-ci sont utilisés en médecine pour traiter certaines maladies telles les allergies, l’asthme et les maladies auto-immunes.
 
« En biologie moléculaire et en génétique, des protéines nommées facteurs de transcription se lient à l’ADN afin de contrôler l’expression (ou la transcription) de l’information génétique. Nos travaux ont défini l’interaction entre deux facteurs de transcription au niveau du génome entier, soit Stat3 et le récepteur de glucocorticoïde (GR) » a expliqué le Dr Drouin, directeur de l’unité de recherche en génétique moléculaire à l’IRCM.
 
Alors que Stat3 agit sur des gènes cibles pro-inflammatoires, les glucocorticoïdes sont couramment utilisés pour leurs caractéristiques anti-inflammatoires et leur récepteur, GR, interagit avec Stat 3 pour contrôler ces actions. GR se retrouve dans presque toutes les cellules du corps et régule les gènes qui contrôlent le développement, le métabolisme et les réponses inflammatoires et immunitaires.
 
Les facteurs de transcription peuvent contrôler l’information génétique, seuls ou en association avec d’autres protéines, soit en favorisant (comme activateur) ou en bloquant (comme répresseur) le recrutement d’enzymes requis pour l’expression de gènes précis. Les facteurs de transcription peuvent se lier directement à l’ADN ou peuvent s’y attacher par l’entremise d’autres protéines déjà liées à l’ADN.
 
« Dans certains cas, les protéines se comportent différemment selon la façon dont elles sont attachées à la séquence d’ADN.  Nous cherchions à comprendre pourquoi certains facteurs de transcription peuvent agir à titre d’activateurs lorsqu’ils sont liés directement à l’ADN, mais agissent comme répresseurs s’ils sont recrutés par l’intermédiaire d’une autre protéine. La base moléculaire de cette double action était jusqu’à maintenant mal comprise » a dit David Langlais, ancien étudiant au doctorat au laboratoire du Dr Drouin et premier auteur de l’article.
 
Les travaux de Jacques Drouin sont subventionnés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Catherine Couture et Aurélio Balsalobre, chercheurs dans le laboratoire du Dr Drouin, ont aussi contribué à ce projet de recherche.
 
Jacques Drouin est docteur en physiologie de l’Université Laval. Il est professeur titulaire de recherche IRCM et directeur de l’unité de recherche en génétique moléculaire. Le Dr Drouin est professeur-chercheur titulaire au Département de biochimie de l’Université de Montréal. Il est également membre adjoint au Département de médecine (Division de la médecine expérimentale), professeur associé au Département d’anatomie et de biologie cellulaire et membre associé au Département de biochimie à l’Université McGill. Par ailleurs, le Dr Drouin est membre élu à l’Académie des Sciences de la Société royale du Canada.