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L’équipe de Jacques Drouin reprogramme l’identité des cellules de l’hypophyse

15 oct. 2012 | Génétique

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Une équipe de chercheurs à l’IRCM, supervisée par le Dr Jacques Drouin, a reprogrammé l’identité de certaines cellules de l’hypophyse et ainsi identifié de nouveaux mécanismes cellulaires. Cette découverte importante, publiée aujourd’hui dans la revue scientifique Genes & Development, pourrait éventuellement mener au développement de nouvelles cibles pharmacologiques pour traiter la maladie de Cushing.

L’équipe du Dr Drouin étudie l'hypophyse, une glande située à la base du crâne qui sécrète les hormones qui maintiennent l’équilibre entre toutes les autres glandes du système endocrinien. La perturbation des fonctions hypophysaires a des conséquences très néfastes sur la croissance, la reproduction et le métabolisme.

Dans leurs travaux récents, les chercheurs de l'IRCM ont montré que le facteur de transcription Pax7 agit comme un facteur pionnier, c’est-à-dire qu’il est capable d'ouvrir la structure dense de la chromatine de certaines régions du génome.

« Nous avons reprogrammé l’identité de certaines cellules hypophysaires en utilisant le gène Pax7 pour créer deux types de cellules différentes. Ceci nous a permis de démontrer que la protéine Tpit produit des lignées de cellules différentes selon la présence ou l’absence de Pax7 » a expliqué Lionel Budry, ancien étudiant au laboratoire du Dr Drouin et premier auteur de l’article.

La maladie de Cushing est causée par de petites tumeurs de l’hypophyse qui produisent une quantité anormale d’hormone. Chez les patients atteints de cette maladie, la production excessive d’hormones peut mener à l’hypertension, l’obésité, le diabète et l’ostéoporose. 

« Pour environ 10 % des patients atteints de la maladie de Cushing, les tumeurs qui causent la maladie sont composées de cellules tumorales différentes des autres et dans lesquelles on retrouve la protéine Pax7. Aucun traitement pharmacologique efficace n’existe actuellement pour traiter la maladie de Cushing. Cette découverte pourrait éventuellement mener au développement de tels traitements, basés sur l’inhibition de la croissance des tumeurs par une hormone; un peu comme on le fait déjà pour d’autres tumeurs hypophysaires comme les adénomes lactotropes » a ajouté le Dr Drouin, directeur de l’unité de recherche en génétique moléculaire à l’IRCM.