Recherche

Les enjeux éthiques de la recherche sur les stimulants cognitifs pour les personnes en santé

8 mars 2013 | Neurobiologie

Toutes les nouvelles

Cynthia Forlini, étudiante au doctorat dans l’unité de recherche en neuroéthique à l’IRCM, et Eric Racine, directeur du laboratoire, sont les premier et dernier auteurs d’un article publié récemment dans la section « science et société » de EMBO reports sur les enjeux éthiques de la recherche sur les stimulants cognitifs pour les personnes en santé.
 
De plus en plus d’opinions sont rédigées au sujet des risques et des avantages potentiels des stimulants cognitifs, un terme qui fait généralement référence aux médicaments utilisés pour améliorer les performances cognitives ou changer l’humeur et le comportement. En fait, les deux neuroéthiciens de l’IRCM ont publié un article en décembre 2012 dans le Journal de l’Association médicale canadienne soutenant que les médecins devraient refuser de prescrire les médicaments aux personnes saines.
 
Presque tous ces articles discutent des questions éthiques, légales et sociétales de l’utilisation des stimulants cognitifs et abordent la possibilité de réglementer ou d’interdire l’utilisation par des personnes en santé. Toutefois, avant de discuter de la réglementation ou de l’interdiction, la société doit examiner si ces médicaments sont sans danger et s’ils sont efficaces. Des études supplémentaires seraient requises pour répondre à ces interrogations, ce qui soulève une autre question : est-ce que la recherche sur les stimulants cognitifs devrait être encouragée et financée ?
 
« Avec cette discussion, notre objectif est d’analyser et de caractériser, d’un point de vue éthique, les différentes positions au sujet de la recherche sur les stimulants cognitifs. Bien que nous n’avons pas l’intention, à cette étape-ci, de faire des recommandations précises, nous pensons en tant que groupe qu’il serait difficile de restreindre la recherche compte tenu des besoins convaincants pour plus d’information sur la prévalence, la sécurité et l’efficacité » indique le rapport.
 
Cet article est basé sur des discussions qui ont eu lieu lors d’un atelier international et interdisciplinaire tenu à l’IRCM en mai 2011. Les participants étaient invités selon leur expertise en éthique biomédicale ou de recherche, en neurosciences, en philosophie, en politique de santé publique et en épidémiologie, ainsi que selon leur intérêt pour la réflexion intellectuelle sur les questions éthiques en matière de recherche sur l’amélioration des performances cognitives.
 
« Nous espérons que notre contribution pourra augmenter la prise de conscience sur les choix qui s’offrent à la communauté scientifique et mettre l’accent sur la nécessité d’avoir une discussion internationale et adaptée aux différentes cultures sur la direction de la recherche sur les stimulants cognitifs qui représente les meilleures méthodes scientifiques et tient compte des points de vue pluralistes » concluent les auteurs.