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Une équipe de l’IRCM résout une énigme au sujet du fonctionnement du système immunitaire

13 jan. 2017 | Immunité

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Les globules blancs détiennent un rôle important dans la réponse du système immunitaire.  Même si ceux-ci sont souvent perçus comme de vaillants soldats prêts s’en prendre aux intrus qui veulent conquérir notre corps, ces attaques peuvent parfois se retourner contre nous. 

André Veillette et Dominique Davidson, tous deux de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), viennent de mettre en lumière l’un des mécanismes qui permet de contrôler un type de globules blanc, les cellules T (aussi appelées lymphocytes T). La découverte a récemment été relayée dans la revue Cell Reports.

Une énigme de plusieurs années
« Chez certaines personnes, les cellules T peuvent réagir de manière exagérée : c’est ce qui mène à l’apparition de maladies auto-immunes, par exemple la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde et le lupus, ainsi que des rejets de greffe », explique André Veillette, directeur de l’unité de recherche en oncologie moléculaire de l’IRCM et professeur à l’Université de Montréal et à l’Université McGill. « C’est pourquoi, dans le cadre de nos recherches, nous souhaitions comprendre les mécanismes qui, en temps normal, contrôlent la fonction des cellules T. »

On savait déjà qu’une enzyme nommée Csk avait la capacité de se lier à la membrane des cellules T, ce qui permettait de contrôler ces dernières et d’éviter qu’elles ne réagissent de manière excessive. Par contre, la communauté scientifique n’était pas en mesure de démontrer ce qui poussait Csk à se fixer à la membrane des cellules T et donc à permettre sa fonction. Après plusieurs années de persistance, Dominique Davidson, chercheuse associée chevronnée du groupe du Dr Veillette, est parvenue à trouver la clef de la solution.

« En fait, une troisième molécule – nommée PAG – entre en jeu, explique la Dre Davidson. PAG se loge déjà sur la membrane des cellules T et, tel un aimant, attire l’enzyme Csk. En somme, PAG est indispensable pour recruter l’enzyme Csk à la membrane de la cellule T et contrôler l’activité de cette dernière afin qu’elles ne deviennent hyperactives. »

Le mécanisme élucidé par la Dre Davidson était considéré depuis longtemps dans le milieu de la recherche. Toutefois, personne n’était venu à bout de le démontrer concrètement. 

La clef de l’énigme résidait dans la préstimulation du système immunitaire de nos souris déficientes en PAG, explique le Dr Veillette : « Avant d’être stimulées une première fois, les cellules T déficientes en PAG n’ont rien de différent. C’est lors des stimulations suivantes que la réponse des cellules T se voit augmentée », conclut-il.

À propos de l’étude
Le projet de recherche a été réalisé à l’unité de recherche en oncologie moléculaire de l’IRCM par Dominique Davidson, Ming-Chao Zhong et André Veillette. Pier Paolo Pandolfi, du Beth Israel Deaconess Cancer Center; Silvia Bolland, du National Institute of Allergy and Infectious Diseases; Ramnik J. Xavier, du Broad Institute of MIT and Harvard; Brian Seed, du Massachusetts General Hospital; de même que Xin Li et Hua Gu, tous deux de l’unité de recherche en immunologie moléculaire de l’IRCM, ont aussi participé à cette étude. La recherche a reçu un soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada et du Programme des chaires de recherche du Canada.

À propos de l’Institut de recherches cliniques de Montréal
Fondé en 1967, l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) est un organisme à but non lucratif qui effectue de la recherche biomédicale fondamentale et clinique en plus de former une relève scientifique de haut niveau. Doté d’installations technologiques ultramodernes, l’Institut regroupe 33 équipes de recherche qui œuvrent notamment dans le domaine du cancer, de l’immunologie, de la neuroscience, des maladies cardiovasculaires et métaboliques, de la biologie des systèmes et de la chimie médicinale. L’IRCM dirige également une clinique de recherche spécialisée en hypertension, en cholestérol, en diabète et en fibrose kystique ainsi qu’un centre de recherche sur les maladies rares et génétiques chez l’adulte. L’IRCM est affilié à l’Université de Montréal et associé à l’Université McGill. Sa clinique est affiliée au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). L’IRCM reçoit l’appui du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec.

Source :
Anne-Marie Beauregard, conseillère en communication, IRCM
514 987-5555 | anne-marie.beauregard@ircm.qc.ca