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Certaines de nos cellules s’entraineraient pour nous défendre

10 mars 2016 | Cancer

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À la manière des Jedi, certaines cellules immunitaires s’entraineraient afin d’apprendre à mieux se défendre contre les cancers et certains types d’infection. C’est ce que rapporte une équipe de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) dirigée par André Veillette, M. D., dans un article de Nature Immunology. La découverte permet de franchir un pas de plus dans le développement de traitements contre certains cancers ainsi que pour mieux comprendre une maladie rare, le syndrome lymphoprolifératif lié au chromosome X (syndrome XLP) — aussi connu sous le nom de syndrome de Duncan.

Les cellules natural killer (NK ou « tueuses naturelles ») ont pour fonction principale de protéger le corps en tuant les cellules cancéreuses et celles infectées par des virus. « Grâce à cette caractéristique, les cellules NK sont déjà utilisées dans certains traitements pour maîtriser les leucémies, affirme le Dr Veillette. Dans le cadre de cette recherche, notre groupe a cherché à comprendre comment augmenter l’activité des cellules NK afin de mettre encore plus à profit cette propriété thérapeutique. »

Au terme de dix ans de recherche, l’équipe a pu conclure que cette capacité à se protéger se développe avec le temps : « Comme un élève à l’école, une cellule NK apprend à mieux se défendre grâce à une suite de réactions moléculaires, qui font leur éducation », explique Ning Wu, chercheur associé du groupe d’André Veillette et premier auteur de l’article. Ce mécanisme implique trois molécules : le récepteur SLAMF6, l’adaptateur SAP et l’enzyme SHP-1. « Au fur et à mesure que cette éducation a lieu, la cellule NK apprend à éliminer plus efficacement les cellules néfastes », conclut Ning Wu.

Vers une voie thérapeutique pour les cancers et les infections
En sachant comment les cellules NK en viennent à perfectionner leur défense à travers leur éducation, le Dr Veillette espère ouvrir la voie au développement de traitements novateurs contre le cancer et certaines infections virales. 

Ce mécanisme pourrait par ailleurs contribuer à la compréhension d’une maladie rare, le syndrome de Duncan. Ce syndrome, aussi connu sous le nom de syndrome XLP, affecte uniquement les garçons et survient lorsqu’ils entrent en contact avec le virus Epstein-Barr, responsable de la mononucléose. On estime que, sans traitement, 70 % des patients qui en sont atteints meurent avant qu’ils ne franchissent l’âge de 10 ans. 

« Notre groupe de recherche avait déjà démontré que l’adaptateur SAP ne réagissait pas normalement chez les patients atteints du syndrome XLP. Par conséquent, les cellules NK ne parviennent pas à tuer les cellules infectées », relate le Dr Veillette. « Maintenant que nous connaissons les interactions qu’a SAP avec le récepteur SLAMF6 et l’enzyme SHP-1, nous espérons élucider ce qui conduit à l’apparition du syndrome de Duncan », conclut-il.

À propos de l’étude
Les travaux d’André Veillette ont été subventionnés par les Instituts de recherche en santé du Canada, l’Initiative de recherche en santé conjointe Chine-Canada, l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer, le Fonds de recherche du Québec – Santé et le Programme des chaires de recherche du Canada. Le projet a été mené à l’IRCM par Ning Wu, Ming-Chao Zhong, Romain Roncagalli, Luis-Alberto Pérez-Quintero, Huaijia Guo, Zhanguang Zhang, Zhongjun Dong et André Veillette, en collaboration avec Sylvain Latour et Christelle Lenoir de l’Institut Imagine à Paris (France). Zhongjun Dong est maintenant à l’Université Tsinghua de Pékin (Chine).

À propos d’André Veillette
André Veillette est docteur en médecine de l’Université Laval. Il est professeur titulaire de recherche IRCM et directeur de l’unité de recherche en oncologie moléculaire. Le Dr Veillette est aussi professeur-chercheur titulaire au Département de médecine (accréditation en biologie moléculaire) de l’Université de Montréal, ainsi que professeur associé au Département de médecine (Division de la médecine expérimentale) de l’Université McGill. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en signalisation dans le système immunitaire. 

À propos de l’IRCM
L’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) est un institut de recherche biomédicale de grande réputation situé en plein cœur du milieu universitaire montréalais. Fondé en 1967, il regroupe aujourd’hui 35 équipes de recherche et quatre cliniques spécialisées : en nutrition, métabolisme et athérosclérose; en hypertension; en diabète et obésité ainsi que pour des maladies rares comme la fibrose kystique et les hyperlipidémies familiales. L’IRCM est affilié à l’Université de Montréal. Il entretient aussi des relations étroites avec l’Université McGill. Sa clinique est affiliée au CHUM. L’IRCM reçoit l’appui du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec. Pour plus d’information, visitez www.ircm.qc.ca.

Source :
Anne-Marie Beauregard, chargée de communication, IRCM
514 987-5555 | anne-marie.beauregard@ircm.qc.ca

Manon Pepin, directrice exécutive, communications et relations publiques, IRCM
514 987-5535 | manon.pepin@ircm.qc.ca