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Les IRSC octroient 6 millions $ pour enrayer le VIH à un consortium pancanadien dirigé à l’IRCM

18 jui. 2019 | Subventions

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Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont récemment annoncé l’octroi d’une subvention de 6 millions de dollars au Consortium canadien de recherche sur la guérison du VIH (CanCURE). Dirigée par Éric A. Cohen, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), cette initiative regroupe 19 collaborateurs et vise à contrer les principaux obstacles à la guérison du VIH en mettant à profit la synergie entre chercheurs en laboratoire et en clinique, ainsi que les communautés de personnes qui vivent avec le VIH. 

Un succès sous le signe de la collaboration

L’appui financier permettra de lancer le second chapitre de CanCURE, dont les activités de recherche se dérouleront de 2019 à 2024. Dès sa création en 2013, la première mouture du Consortium s’est démarquée en mettant à contribution les acteurs majeurs de la communauté canadienne pour développer un traitement contre le VIH, une maladie toujours incurable. En effet, bien que la thérapie antirétrovirale actuelle contrôle très bien le VIH et les maladies qui y sont associées, ces traitements ne sont pas curatifs.

« Nous estimons que les avancées sur le VIH ne peuvent se faire de manière isolée et uniquement en laboratoire. Si nous voulons les conditions pour parvenir à ce que les personnes infectées par le VIH parviennent à une rémission durable sans l’utilisation continue de thérapie antirétrovirale, la participation des communautés de patients et des médecins oeuvrant en recherche clinique est indispensable pour que nous puissions progresser », a déclaré le leader de l'initiative, Éric A. Cohen, qui dirige également l’unité de recherche en rétrovirologie humaine de l’IRCM. « Le prolongement de nos activités par l’entremise de CanCURE 2.0 témoigne de la réussite de notre approche. »

Faits saillants :
  • 36,9 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde entier.
  • 1,8 million sont des enfants de moins de 15 ans.
  • 940 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida en 2017.
  • Environ 9,4 millions de personnes ne savent pas qu’elles vivent avec le VIH.
  • 59 % des personnes vivant avec le VIH bénéficient de la thérapie antirétrovirale.
Au Canada :
  • Entre 55 500 et 70 720 personnes ont un diagnostic d’infection par le VIH.
  • 2 165 nouvelles infections ont été déclarées en 2016.

Sources : ONUSIDA (2017),  Agence de la santé publique du Canada (2018)

À l’assaut des réservoirs du VIH

À l’heure actuelle, la plupart des patients infectés par le VIH bénéficient de la thérapie antirétrovirale. Constituée d’une combinaison de différents médicaments à prendre quotidiennement, celle-ci réduit la capacité du virus à se répliquer de même que les complications de santé liées à la maladie et minimise les risques de transmission. Or, dès qu’une personne infectée arrête le traitement, cet effet s’annule. Les patients sont ainsi contraints de consommer ces médicaments tout au long de leur vie. 

Les travaux réalisés par les membres de CanCURE visent à trouver de nouvelles approches qui permettraient une rémission du VIH chez les personnes infectées sans qu’elles n’aient besoin de thérapie antirétrovirale. Plus exactement, les chercheurs souhaitent mieux comprendre comment, malgré la thérapie antirétrovirale, le VIH parvient à demeurer sous une forme silencieuse au sein de certaines cellules, que l’on appelle « réservoirs » et développer des interventions pour éliminer ou contrôler ces réservoirs. La persistance de ces réservoirs malgré la présence de thérapie antirétrovirale constitue le principal obstacle à la guérison du VIH.

Lors du premier programme, les chercheurs ont élaboré des méthodologies pour identifier et mesurer les réservoirs du VIH avec plus de précision. Ils ont également mis au point des approches pour éliminer ou contrôler ces réservoirs. Les collaborateurs de CanCURE 2.0 puiseront notamment dans ces expertises afin de faire cheminer ces percées vers de potentielles applications cliniques. Le consortium de recherche entend également cartographier les réservoirs du VIH dans le corps humain. Finalement, les membres de CanCURE chercheront à comprendre comment les interactions entre cellules immunitaires favorisent la formation de certains réservoirs du VIH et ainsi influencent la persistance et la présence du virus malgré la thérapie antirétrovirale.

Collaborateurs de CanCURE 

Chercheurs principaux 

Éric A. Cohen (IRCM), Petronela Ancuta (Centre de recherche du CHUM), Jonathan B. Angel (L’Hôpital d’Ottawa et Université d’Ottawa), Nicolas Chomont (Centre de recherche du CHUM), Jérôme Estaquier (Centre de recherche du CHU de Québec), Thomas T. Murooka (Université du Manitoba), Jean-Pierre Routy (Université McGill), Shari L. Margolese et Ron Rosenes (consultants en recherche communautaire)

Co-chercheurs

Donald William Cameron (L’Hôpital d’Ottawa et Université d’Ottawa), Cecilia T. Costiniuk (CUSM), Emilia Liana Falcone (IRCM), Keith R. Fowke (Université du Manitoba), Elie Haddad (Centre de recherche du CHU Sainte-Justine), Mohammad-Ali Jenabian (UQAM), Ashok Kumar (Institut de recherche du CHEO), Mario A. Ostrowski (Université de Toronto), Christopher Power (Université de l’Alberta), Michel J. Tremblay (Centre de recherche du CHU de Québec)

Source

Anne-Marie Beauregard
Conseillère, communication
Téléphone :
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