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Un déjeuner cinq services pour traquer les facteurs de risque du diabète de type 2

24 août 2018 | Diabète

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Aux yeux de plusieurs, le sucre est l’unique responsable du développement du diabète de type 2. Or, ce dernier compte parfois sur des complices : les particules chargées de transporter le mauvais cholestérol dans le sang. Ces acolytes forment une combinaison explosive, puisqu’ils augmentent aussi les risques de développer des maladies cardiovasculaires. 

C’est sur ce phénomène que se penche May Faraj, chercheuse à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM). Cette dernière souhaite aider les patients qui sont les plus susceptibles de contracter ces deux problèmes de santé. Pour y parvenir, la nutritionniste convie les participants de son étude à un déjeuner cinq services bien particulier. 

Un risque augmenté
Consommé dans des quantités raisonnables, le sucre est une indispensable source d’énergie pour notre corps. Lorsqu’il pénètre dans le sang, il accède à nos cellules avec l’aide de l’insuline. Ces dernières peuvent ensuite utiliser le sucre comme bon leur semble pour fonctionner. 

Or, il arrive que le sucre ne parvienne pas à destination. Le sucre est bloqué par… du gras. En effet, chez certaines personnes, les masses grasses qui proviennent de l’alimentation sont entreposées dans d’autres tissus, par exemple le foie, au lieu d’être accumulées dans le tissu adipeux. Parmi les effets nocifs qu’elle peut susciter, l’accumulation de gras dans le foie augmente la production de particules chargées de transporter le mauvais cholestérol. À la longue, ces particules réduisent encore davantage la capacité du corps à utiliser le sucre et le gras issus de l’alimentation.

« Les sujets chez qui survient ce mécanisme font alors face à de plus grands risques pour leur santé », explique May Faraj, directrice de l’unité de recherche en nutrition, lipoprotéines et maladies cardiométaboliques de l’IRCM. « D’une part, le fait que le corps ne parvient pas à assimiler correctement le sucre et le gras peut augmenter les risques de diabète de type 2. D’autre part, un niveau élevé de particules chargées de transporter le mauvais cholestérol dans le sang accroit à la fois le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. » 

Bacon, fromage, croissant, viennoiserie et…
La Dre Faraj dirige actuellement une étude clinique à l’IRCM dans l’objectif de réduire l’apparition de tels troubles métaboliques chez les personnes les plus vulnérables. Son équipe observe ainsi différents paramètres du métabolisme des participants, dont le métabolisme au repos, la fonction du tissu adipeux, le bilan lipidique, la sécrétion d’insuline et la sensibilité à l’insuline. 

Le groupe de l’IRCM examine également la manière dont le gras provenant de notre alimentation est assimilé par le corps. Pour ce faire, lors d’une des 11 visites que comporte l’étude, les participants entament leur journée avec un appétissant repas : bacon, viennoiserie, fromage, croissant… et une huile particulière. L’ingrédient de l’huile en question, le C13, fait office de mouchard. C’est grâce à lui qu’on pourra suivre le gras ingéré lors du fameux déjeuner afin de vérifier s’il est utilisé correctement ou s’il reste dans le sang.

Au terme de ses recherches, la Dre Faraj espère trouver une mesure préventive novatrice afin de venir en aide aux sujets à risques de développer le diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires. Une des solutions actuellement étudiées dans son unité de recherche connait déjà une forte popularité dans le milieu de la nutrition : il s’agit des acides gras oméga-3, un type de gras retrouvé dans les huiles de poisson. 

Participants recherchés 
L’équipe de May Faraj est à la recherche de participants pour son étude clinique. Ceux-ci doivent répondre aux critères d’admissibilité suivants :

  • Homme; âgé de 45 à 74 ans
  • Femme ménopausée; âgée de 45 à 74 ans (sans hormonothérapie substitutive)
  • Non-fumeur
  • Sans diabète ni maladies cardiaques
  • Disponible pour la durée de l’étude (7 visites d’une durée d’une heure et 4 visites d’une journée, réparties sur 18 semaines)

Les personnes intéressées peuvent communiquer avec Marie Devaux, infirmière de recherche, au 514 987-5500 poste 3314 ou à marie.devaux@ircm.qc.ca.

 

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Sur la photo, de gauche à droite : Valérie Lamantia, étudiante au doctorat, Simon Bissonnette, étudiant au doctorat, May Faraj, Marie Devaux, infirmière de recherche, Yannick Cyr, étudiant au doctorat

Source

Anne-Marie Beauregard
Conseillère, communication
Téléphone :
514 987-5555