Recherche

Des chercheurs de l’IRCM trouvent un mécanisme empêchant la formation de tumeurs cérébrales

30 mars 2016 | Neurobiologie

Toutes les nouvelles

Une équipe de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) a découvert un mécanisme qui empêche la formation du médulloblastome, la tumeur cérébrale la plus commune chez les enfants. Dirigée par Frédéric Charron, Ph. D., directeur de l’unité de recherche en biologie moléculaire du développement neuronal à l’IRCM et professeur-chercheur à l’Université de Montréal, la recherche a été publiée dans la revue Cell Reports

La tumeur cérébrale la plus répandue chez l’enfant
Le médulloblastome est la forme de tumeur cérébrale la plus répandue chez les enfants. Les thérapies actuellement disponibles – la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie – se révèlent très agressives pour les jeunes patients traités pour le médulloblastome et, lorsque les patients survivent, causent des séquelles neurologiques permanentes. Afin de limiter le recours à ces traitements, l’équipe du Dr Charron cherche à prévenir l’apparition du médulloblastome en élucidant le mécanisme qui mène à sa formation.

Or, suivre la progression des tumeurs cérébrales est un véritable défi, explique Lukas Tamayo-Orrego, étudiant au doctorat dans le laboratoire du Dr Charron : « D’une part, il est très difficile de détecter les tumeurs au cerveau avant qu’elles ne deviennent cancéreuses. D’autre part, même dans les rares cas où on y parviendrait, il serait délicat d’aller recueillir un échantillon dans le cervelet, là où se développe cette tumeur », poursuit celui qui est également premier auteur de l’article.

Pour y parvenir, Lukas et ses collègues ont observé des souris qui développaient spontanément des tumeurs précancéreuses. Leur étude a révélé que ces tumeurs ne menaient pas systématiquement à la formation de médulloblastomes avancés. En effet, chez une majorité de souris, les cellules précancéreuses cessaient de se diviser avant de ne pouvoir former une tumeur, un procédé qu’on appelle la sénescence cellulaire. L’équipe a découvert que la différence entre le groupe présentant de la sénescence cellulaire et celui dont les tumeurs progressaient pour devenir un médulloblastome avancé résidait dans un seul gène, le gène p53. La mutation de ce gène provoque l’évasion de la sénescence cellulaire, conduisant ainsi à la formation du médulloblastome.

« Maintenant que nous savons que cette forme de tumeur a la capacité de régresser et de disparaître, il serait intéressant de trouver une manière de favoriser ce mécanisme pour empêcher la formation de médulloblastomes. Le développement d’un traitement moins invasif pour venir en aide aux patients atteints du médulloblastome deviendrait donc une possibilité », conclut Lukas Tamayo-Orrego.

À propos de l’étude
Le projet de recherche a été réalisé à l’unité de recherche en biologie moléculaire du développement neuronal de l’IRCM par Lukas Tamayo-Orrego, Chia-Lun Wu, Nicolas Bouchard, Ahmed Khedher, Shannon M. Swikert et Frédéric Charron. Marc Remke, du Centre hospitalier universitaire Dusseldorf, en Allemagne, de même que Patryk Skowron et Michael Taylor, du Hospital for Sick Children à Toronto, ont également collaboré à cette étude. La recherche a été subventionnée par les Instituts de recherche en santé du Canada, les Fonds de recherche du Québec – Santé, la Fondation canadienne pour l’innovation et le Programme des chaires de recherche du Canada.

À propos de Frédéric Charron
Frédéric Charron est docteur en médecine expérimentale de l’Université McGill. Il est directeur de l’unité de recherche en biologie moléculaire du développement neuronal et professeur titulaire de recherche IRCM. Le Dr Charron est professeur-chercheur agrégé au Département de médecine (accréditation en biologie moléculaire) de l’Université de Montréal. Il est aussi professeur associé au Département de médecine (Division de la médecine expérimentale), au Département de biologie et au Département d’anatomie et de biologie cellulaire de l’Université McGill. Par ailleurs, il est membre du McGill Integrated Program in Neuroscience et du NSERC-CREATE Training Program in Neuroengineering. Le Dr Charron est titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en neurobiologie du développement. 

À propos de l’IRCM
L’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) est un institut de recherche biomédicale de grande réputation situé en plein cœur du milieu universitaire montréalais. Fondé en 1967, il regroupe aujourd’hui 35 équipes de recherche et quatre cliniques spécialisées : en nutrition, métabolisme et athérosclérose; en hypertension; en diabète et obésité ainsi que pour des maladies rares comme la fibrose kystique et les hyperlipidémies familiales. L’IRCM est affilié à l’Université de Montréal. Il entretient aussi des relations étroites avec l’Université McGill. Sa clinique est affiliée au CHUM. L’IRCM reçoit l’appui du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec. Pour plus d’informations, visitez le www.ircm.qc.ca.

Source :
Anne-Marie Beauregard, chargée de communication, IRCM
514 987-5555 | anne-marie.beauregard@ircm.qc.ca

Manon Pepin, directrice exécutive, communications et relations publiques, IRCM
514 987-5535 | manon.pepin@ircm.qc.ca